Optimiste ou naïve ?

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Il y a des matins où on anticipe déjà tout ce qui pourrait mal aller dans notre journée: la réunion qui ne servira à rien, l’échéance qui sera impossible à respecter. La conversation qui va mal tourner, on le sent déjà … Avec cette attitude, on se croit réaliste. Et quand on rencontre des personnes qui débordent d’optimisme, on les trouve déconnectées de la réalité, dans leur bulle, toujours convaincues que tout va bien se passer. Du haut de notre réalisme, on les trouve naïves et on se dit qu’elles ne regardent jamais les choses en face.

Ce que l’optimisme n’est pas

Pourtant, l’optimisme ce n’est pas du déni. Ce n’est pas s’attendre à ce que des choses extraordinaires ou impossibles se produisent. Ce n’est pas non plus une stratégie d’évitement déguisée en pensée positive.

Être optimiste c’est, d’une part, être convaincue qu’on va vivre des choses positives, une conviction bien ancrée dans la réalité. D’autre part, c’est aussi se mettre en action pour réaliser nos attentes, portée par cette conviction. Toute la nuance est là.

Il ne s’agit pas d’une attente passive, mais d’une conviction qui se traduit en mouvement.

En tant qu’analyste professionnelle, j’ai une tendance très forte à toujours anticiper ce qui peut mal tourner. Je me suis longtemps définie comme quelqu’un de très réaliste, mais cette capacité finissait généralement par me paralyser car en imaginant tout ce qui pouvait arriver de négatif, j’en concluais très souvent que c’était inutile de me mettre en action. Cette posture m’empêchait d’agir avant même d’avoir essayé.

Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que les émotions négatives rétrécissent notre attention et notre champ de possibilités. Quand on se concentre sur ce qui menace, on rétrécit notre vision et on se ferme aux autres option, comme si on portait des oeillères.

Au contraire, les émotions positives font l’inverse : elles élargissent notre regard et nous ouvrent l’esprit pour passer à l’action. Autrement dit, parce qu’on est convaincue que c’est possible, alors on cherche tous les moyens d’atteindre notre objectif.

C’est là tout l’enjeu de l’optimisme : il ne modifie pas les circonstances mais la posture avec laquelle on les aborde, et donc les actions qu’on pose et qui feront une différence.

Pourquoi cultiver l’optimisme

Parce que l’optimisme n’est pas une simple question d’humeur. L’optimisme donne de l’espoir, motive à l’action, et élargit notre capacité à voir des possibilités là où d’autres ne voient que des obstacles. L’optimisme est une posture de vie qui permet à une personne d’avancer au lieu de rester figée devant le même défi. Il ne s’agit pas de talent, ni de circonstances, mais de posture intérieure et les bienfaits de cette posture sont aussi visibles sur le plan physique et psychologique. Par exemple, comme on anticipe moins le pire, on porte moins de tension dans notre corps et le stress chronique qui s’est s’installé sans qu’on le remarque finit par diminuer. Notre sommeil devient plus réparateur et notre énergie revient plus facilement parce que notre système nerveux cesse d’être constamment en alerte.

Sur le plan relationnel aussi, notre énergie positive est contagieuse. En plus, les gens sont naturellement attirés par ceux qui dégagent de l’espoir, et c’est assez logique : on se sent mieux et plus en confiance à côté d’une personne qui croit que les choses peuvent s’arranger.

Réflexion à emporter

Pensez à un défi que vous vivez en ce moment et observez vos pensées des derniers jours à ce sujet. Demandez-vous :  

  • Est-ce que j’anticipe surtout ce qui peut bien se passer, ou ce qui peut mal tourner ?
  • Quelle action ai-je évitée de poser parce que j’avais déjà décidé du résultat négatif ?
  • Si je croyais sincèrement qu’une issue positive était possible, qu’est-ce que je ferais différemment à partir aujourd’hui ?

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