La face cachée de notre motivation

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Pendant longtemps, j’ai cru que la motivation était une question de discipline : se lever tôt, tenir un agenda, se forcer, même quand on n’en a pas envie.

On essaie bien des choses : les routines matinales, les listes de priorités, même des applications de suivi. Parfois ça fonctionne. Parfois, notre motivation s’essouffle au bout de quelques semaines et on se retrouve au point de départ, avec en prime un sentiment de culpabilité de ne pas avoir atteint notre objectif. Mais plus j’explore la psychologie de la motivation, plus je réalise que cette vision est incomplète. Voire contre-productive.

La discipline ne suffit pas

Penser qu’avoir plus de discipline est une question de volonté revient à croire que nous sommes des machines et qu’il suffit d’appuyer sur le bon bouton on/off, d’adopter la bonne routine, d’avoir suffisamment de volonté, pour que tout se mette en place (et reste en place).

Mais la vérité c’est que nous ne sommes pas des machines. Ou au contraire, nous sommes des machines bien trop complexes. C’est notamment l’idée que les psychologues Abraham Maslow et Carl Rogers ont emmené dans les années 1950 avec leur perspective humaniste. Cette nouvelle perspective a profondément transformé notre compréhension de ce qui nous motive. Elle repose sur une idée centrale : nous ne sommes pas uniquement des êtres biologiques guidés par des pulsions et des instincts. Nous sommes des êtres qui pensent, qui ressentent, qui interprètent le monde et qui agissent à partir de cette interprétation.

Ce qui nous motive profondément, ce n’est donc pas uniquement la faim, la fatigue ou la peur. C’est aussi ce que nous croyons être possible. Ce que nous désirons vraiment. Ce que nous ressentons face à une situation. Ce que nous pensons de nous-mêmes et de nos capacités.

Ce que ça change, concrètement

Cette perspective change bien des choses. Parce que si on cherche à se motiver uniquement en forçant de nouvelles habitudes ou en renforçant sa discipline, on agit en surface. On traite seulement les manifestations de notre motivation sans toucher au coeur du problème. Les vraies questions à se poser sont plus profondes :

  • Qu’est-ce que je crois par rapport à ce projet, à cette opportunité, à cette autre version de moi que j’aimerai devenir ?
  • Qu’est-ce que je ressens vraiment face à ce que je veux accomplir (pas ce que je devrais ressentir, mais ce qui est là, maintenant) ?
  • Qu’est-ce que je désire réellement (pas ce qu’on attend de moi, ou ce que je devrais désirer, mais ce que je veux, moi) ?

Travailler sur ces trois dimensions, c’est agir à la racine de notre motivation. Et souvent, quand on s’y arrête honnêtement, on réalise que si on manque de motivation pour entreprendre quelque chose, ce qui nous freine n’est pas un « manque d’énergie ». Ce n’est pas non plus un manque de temps. Mais, c’est peut-être une croyance qu’on n’a jamais questionnée. Une émotion qu’on n’avait jamais nommée. Un désir qu’on n’avait jamais osé formuler à voix haute.

Réflexion à emporter

Cette semaine, face à quelque chose pour laquelle vous manquez de motivation sans vraiment savoir pourquoi, posez-vous ces trois questions :

  • Qu’est-ce que je crois vraiment par rapport à cela ?
  • Qu’est-ce que je ressens vraiment par rapport à cela ?
  • Qu’est-ce que je veux vraiment, moi ?

Si vous avez des réponses standards qui remontent automatiquement, concentrez-vous sur ce qui vient après le « mais …».

Ces réponses vous en diront plus sur vous-mêmes et sur vos motivations profondes que n’importe quel conseil de productivité.


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