On nous a toutes appris la pyramide de Maslow à l’école. Cinq besoins empilés les uns sur les autres : besoins physiologiques, de sécurité, d’appartenance, d’estime et de réalisation de soi. On a appris aussi qu’il fallait les combler l’un après l’autre en commençant par les besoins physiologiques. Mais il y a d’autres façons de lire cette pyramide.
Une autre perspective
Les quatre premiers besoins (physiologiques, de sécurité, d’appartenance et d’estime) sont des besoins de déficience. Autrement dit, nous courons après ces besoins avant tout pour combler un manque. En effet, en dehors des besoins physiologiques bien évidemment, se sentir en sécurité, aimée et estimée demeurent nécessaires pour notre survie.
Pourtant, les psychologues nous disent que combler ces besoins de déficience nous conduit simplement dans un état de fonctionnement minimal. Mais ce n’est pas suffisant pour s’épanouir. C’est la raison pour laquelle cette insatisfaction que nous connaissons si bien demeure présente au fond de nous même quand ces quatre stades de besoins semblent comblés.
Seul le cinquième besoin, la réalisation de soi, est un besoin de croissance qui nous pousse vers ce qu’on est vraiment capable d’accomplir, de créer, de devenir. Le besoin de réalisation de soi nous sort donc d’un état de fonctionnement minimal pour nous conduire vers un état de fonctionnement optimal où nous trouvons l’épanouissement réel.
Le piège du fonctionnement minimal
Voici ce qu’on réalise peu : on peut passer des années, même une vie entière, à fonctionner au niveau minimal sans jamais réaliser qu’on s’est arrêtée là. On n’est pas forcément malheureuse. On n’est pas en crise. On est juste… en mode gestion. On gère le quotidien. On gère les attentes des autres, l’agenda chargé, les urgences qui s’enchaînent. Bref, on gère notre vie, sans vraiment la vivre. On maintient un équilibre en comblant des déficiences. Et comme on ne souffre pas vraiment, on se dit que ça va…
Reconnaître la réalisation de soi comme un besoin, pas un luxe
Étant donné que le besoin de réalisation de soi n’est pas lié à notre survie, il est le premier à être sacrifié quand la vie devient chargée. On remet à plus tard ce qui nous ferait vraiment grandir, pour gérer l’urgent, le quotidien, les attentes des autres. Et c’est ainsi que les années passent.
Tant qu’on confond « ne pas souffrir » avec « s’épanouir », on reste bloquée au niveau minimal.
Reconnaître que la réalisation de soi est un besoin réel au même titre que manger, dormir, se sentir en sécurité, c’est le premier pas pour lui faire de la place. Pas quand les enfants seront grands. Pas quand le travail sera moins chargé. Maintenant. Parce que grandir n’est pas un luxe qu’on s’accorde quand tout le reste est réglé. C’est une nécessité humaine qu’on reporte jusqu’au jour où on ne peut plus faire semblant de ne pas en avoir besoin.
Grandir n’est pas un acte solitaire
Contrairement à ce qu’on a tendance à penser, la réalisation de soi ne nous éloigne pas des autres. C’est même souvent le plus beau cadeau qu’on puisse faire à ceux qu’on aime. Le besoin de réalisation de soi nourrit quelque chose de plus profond que l’instinct de survie : notre santé mentale.
En effet, la réalisation de soi nous pousse à la créativité, à l’apprentissage continu, à l’expression de ce qui nous est singulier. Elle nous pousse à chercher à nous aligner avec nos valeurs, avec nos passions, avec ce qui nous anime vraiment. Et les bénéfices sont concrets, car se réaliser, c’est aussi oser faire ce pour quoi on a un talent réel. Contribuer au monde avec ce qu’on est vraiment capable d’apporter.
Quand on se retient de grandir, ce n’est donc pas seulement nous qui y perdons. C’est aussi tout ce qu’on aurait pu offrir au monde et qui ne verra jamais le jour. Ne pas se réaliser, c’est au final un manque à gagner pour soi, et pour les autres, pour tous ceux qui auraient bénéficié de ce qu’on est vraiment capable de créer, d’enseigner ou de bâtir.
Réflexion à emporter
Cette semaine, posez-vous ces questions avec honnêteté :
- Suis-je en mode fonctionnement minimal ?
- Qu’est-ce qui me retient d’explorer mon besoin de réalisation de soi ?

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