Ramer de toutes ses forces…dans la mauvaise direction ?

Ne pas ramer dans le mauvais sens

La persévérance est souvent présentée comme la clé du succès.  « Persévérer c’est continuer malgré la fatigue, se relever après chaque chute et se battre contre toutes les adversités car les grandes réussites doivent se conquérir. Ne laissez jamais les obstacles vous décourager. », nous disent les gurus de la motivation. Bien que ces mots résonnent en nous et qu’on se sente généralement encouragées par ce genre de discours, pendant longtemps je les écoutais avec une question marquée dans mon esprit :  Comment puis-je être certaine que je suis en train de faire la bonne chose ?

Comment être sûre que l’on persévère dans la bonne direction ?

Je m’explique : nous pouvons être trente personnes à écouter ce même encouragement à persévérer quoiqu’il arrive, à garder le focus dans nos actions, à nous sacrifier pour réaliser notre rêve et y croire sincèrement. Mais nous connaissons toutes au moins une personne autour de nous qui travaille très fort mais dont nous ne sommes pas convaincues qu’elle fasse la bonne chose. Nous la voyons sacrifier sa vie pour atteindre un rêve ou une vision du succès qui nous paraît erronée. Et pourtant nous écoutons toutes les deux ce même discours sur la persévérance et nous sommes encouragées à continuer fermement dans la direction que nous avons choisie.  Un non sens à mes yeux !

Pendant longtemps, je me suis demandé ce qui me permet de déterminer que l’objectif d’une autre personne est moins louable que le mien et donc moins digne de persévérance ? En quoi cette personne aurait-elle tort de continuer avec acharnement vers son rêve et en quoi aurai-je moi raison de persévérer dans le mien ? Pourquoi devrions-nous croire que notre rêve est plus légitime que celui d’autrui ? Si on est au milieu de l’océan sans boussole, on peut ramer aussi fort qu’on veut, on a peu de chance d’atteindre la destination visée. Quelle est notre boussole ? Où se trouve la vérité, et la vraie vie ?

Le fait est que, même si en apparence nos aspirations peuvent sembler similaires, quand on vient à le creuser chaque rêve, il est aussi unique que chacune de nous est unique. Nos objectifs sont très personnels et n’ont de valeur qu’à nos propres yeux car c’est nous qui les définissons. Il est donc difficile de juger l’objectif d’une autre personne tout comme il peut être difficile pour nous d’avoir suffisamment de recul sur nos propres ambitions. Il existe toutefois un filtre à travers lequel il est possible d’évaluer nos objectifs et surtout la pertinence des efforts à mettre en place pour les atteindre.  

Nos objectifs valent-ils vraiment les sacrifices que nous sommes prêts à faire ?

Vouloir accomplir un rêve va nous demander de faire des changements importants dans notre vie, de couper du temps et des ressources quelque part pour les allouer aux actions nécessaires pour atteindre nos objectifs, d’éliminer des activités gratifiantes à court terme pour en faire d’autres dont nous ne tirerons les bénéfices que plus tard, un jour peut-être…

Pour construire notre rêve, nous allons devoir faire des concessions, beaucoup de concessions. Il s’agit de s’assurer que nous sommes en train de faire les bonnes concessions, car à quoi sert-il à une femme de gagner le monde si elle perd son âme ? À quoi sert-il d’atteindre son objectif, de réaliser son ambition pour se retrouver toute seule au sommet de notre montagne, ayant perdu tout ce qui était important pour nous en chemin ? Nos objectifs valent-ils vraiment les sacrifices que nous sommes prêts à faire ? Mais à quoi bon réussir si cela nous coûte notre bien-être ou nos relations importantes ?

Pour éviter ce que j’appelle la dépression du succès, posons-nous les questions suivantes avant de faire des concessions :

  • Ce temps que je vais sacrifier est-il vraiment précieux pour moi ?
  • Ces ressources que je dois désormais consacrer à mon rêve sont-elles vraiment importantes pour moi ou pour mes proches ?
  • Cette relation que je néglige est-elle réellement importante pour moi ?

Si la réponse est non, alors feu vert car cette concession est une belle opportunité de faire du ménage dans notre vie et de devenir plus efficace.

Si la réponse est oui : feu rouge. Sortons nos lunettes d’optimisation et réévaluons nos priorités en nous posant ces questions :

  • Comment puis-je réorganiser mon temps plus intelligemment pour atteindre le même objectif tout en préservant ce qui est important pour moi ? Où puis-je couper du temps sans que cela ait un impact négatif à long terme sur moi ? Certes, nous n’avons que 24 h dans une journée, mais en scrutant comment chaque minute est utilisée, nous pouvons découvrir de nombreuses opportunités d’amélioration.
  • Comment puis-je optimiser l’utilisation de mes ressources sans toutefois sacrifier complètement mes ambitions ?
  • Comment préserver mes relations tout en avançant vers mes objectifs ? Encore là, les opportunités d’optimisation existent, surtout quand on se souvient qu’en matière de relation, la qualité des moments passés ensemble est parfois bien plus importante que la quantité.

Persévérer ne signifie pas sacrifier tout ce qui nous est cher. Alors, oui, on persévère, on garde les yeux fixés sur nos objectifs et on ne se laisse pas décourager. Mais ne faisons pas de concessions à bout de bras, sans bien y réfléchir simplement parce qu’on est obnubilée par notre objectif.

En matière de succès, on peut vouloir le beurre et l’argent du beurre car le voyage est aussi important que la destination. Notre succès ne se résume pas uniquement à l’accomplissement final de notre rêve ou de notre ambition, mais concerne aussi le chemin que nous parcourons. En fin de compte, c’est la personne que nous devenons en cours de route qui compte le plus.

Réflexion à emporter : Pensez à trois relations importantes dans votre vie et réfléchissez aux moyens de les préserver et de les nourrir tout en poursuivant vos ambitions.

À lire aussi :

Trouver un sens à ce que l’on fait

Faire de l’inconfort son nouveau normal

Étiquettes

Note : 1 sur 5.

Derniers articles publiés

Une réponse

  1. […] Lire aussi : Ramer de toutes ses forces… dans la mauvaise direction ? […]

    J’aime

Laisser un commentaire